Nous ne proposons pas un nom. Nous proposons une méthode.
01
Un diagnostic partagé sur la situation réelle des françaises et des française
Avant de désigner qui que ce soit, il faut s’accorder sur la réalité que vivent les Françaises et les Français. Partager un même constat sur l’état du pays, du monde et de nos comptes. Sans diagnostic commun, il n’y a pas de rassemblement possible, seulement une addition d’ambitions.
02
Des échanges loin de Paris
Ce diagnostic ne se construira pas entre initiés. Il se construira dans les territoires, au contact de celles et ceux qui y vivent, y travaillent et y exercent des responsabilités. C’est là que se mesure l’écart entre le débat national et la réalité du pays.
03
Une personnalité pour un seul mandat entourée d’une équipe
Au terme de ces échanges, désigner ensemble une personnalité qui s’engagera solennellement, devant les Français, à ne pas solliciter de second mandat. On ne gouverne pas de la même manière lorsqu’on n’a pas à préparer sa réélection : on peut dire la vérité et engager des réformes dont on ne récoltera pas les fruits.
02 / LE TEXTE
Notre tribune
Publiée dans La Tribune Dimanche
Opération Cincinnatus
Ne nous trompons pas, la France est entrée dans une crise historique qui dépasse la politique. Pulsions de mort, envie de détruire : la détestation prend chaque jour la place du débat. Au comble des tensions, le 23 octobre dernier, à Trappes et à La Verrière, un homme, depuis mis en examen pour crime terroriste raciste, a tiré en rafale sur des passants, tuant une personne et en blessant cinq, dont une fillette de douze ans... Chacun sent que la guerre civile est proche quand, comme certains irresponsables, on en vient à compter les morts en fonction de leur couleur de peau.
La crise que nous traversons est sévère car elle est celle d'un pays devenu faible, où l'on demande au peuple des efforts sans lui dire à quoi ils servent, où nos créanciers nous font chaque jour sentir que la signature de la France devient risquée à mesure que la croissance s'étiole et où les pays voisins nous voient comme l'homme malade de l'Europe, sans dynamique, ni stabilité.
Alors disons la vérité, qu'on le veuille ou non. À ce stade de la campagne présidentielle, les sondages se succèdent et disent la même chose : le camp républicain, depuis la droite de gouvernement jusqu'à la gauche de gouvernement, ne répond pas à l'urgence. Il s'apprête à partir dispersé, en une demi-douzaine de candidatures dont aucune aujourd'hui n'est en mesure de battre l'extrême droite. Or on ne bat pas l'extrême droite en cherchant seulement à l'empêcher de gagner, mais en donnant aux Français une raison de choisir autre chose.
C'est bien d'une victoire dont nous avons besoin. Celle qui devra réparer la France et la relever pour que nos enfants disposent des moyens de tenir leur avenir. Seule une candidature de rassemblement capable de porter ce grand changement pourra l'emporter.
On nous répondra : les primaires. À gauche, elle a eu lieu, et ce fut un bel exercice pour Raphaël Glucksmann. Au centre, l'idée d'une primaire se heurte à un blocage. Le chef de l'État ne souhaite, tout au plus, que l'unité des porteurs de son bilan dans un paysage devenu tripartite.
Un souhait n'est pas une méthode. Chaque famille politique règle ses comptes chez elle, et personne ne réfléchit avec les autres. Mais rien de cela ne change l'essentiel : il faut un grand changement, et, pour le porter, un candidat pour un seul mandat.
On nous objectera que ce serait confisquer le choix des Français. C'est l'inverse. En multipliant les candidatures, le camp républicain prive les Français d'une véritable alternative à l'extrême droite. La division actuelle leur impose par irresponsabilité un second tour qui, d'illusions en fractures, mènera vers l'impasse et l'aggravation du chaos.
La Rome antique a connu de tels moments. En 458 avant notre ère, la République vacille. Le Sénat va chercher un ancien consul, Cincinnatus, retiré des affaires. Il accepte la charge, sauve Rome, dépose le pouvoir et retourne à ses champs.
Il nous faut aujourd'hui ce républicain capable de gagner la confiance des Français, d'accepter de servir quand on l'appelle et de partir une fois sa tâche accomplie. Gouverner sans avoir à préparer sa réélection, c'est rendre au pouvoir sa juste nature, celle d'une responsabilité qu'on exerce au service du pays.
On ne peut pas appeler à un choix collectif tout en se plaçant soi-même dans la compétition. Je propose donc aux responsables de partis, de groupes parlementaires ou d'associations d'élus locaux, et à toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans les valeurs de la République de se réunir dans la ville de Bourg-en-Bresse. Loin des jeux d'appareils de la capitale, à l'abri de la pression de l'instant et des réseaux sociaux.
Ce conclave républicain doit permettre une délibération rigoureuse et à la hauteur de l'enjeu pour partager le même diagnostic avant de désigner, ensemble, la personnalité qui recherchera le mandat des Français. Faire émerger une coalition des engagés, rassemblés par un constat commun, un même attachement à la République et la volonté de permettre à la France de retrouver sa capacité d'agir.
Le Parti radical de gauche est un petit parti, mais il porte la grande histoire du radicalisme républicain. Au nom de cet héritage, nous ne revendiquons aucune place : nous proposons d'ouvrir la table, d'appeler chacun à s'y asseoir et de ne la quitter qu'une fois le choix de responsabilité fait.
Ce ne sont pas les ambitieux qui manquent à la France. Ce qui lui manque, ce sont des femmes et des hommes capables de courage et d'humilité. Cincinnatus est entré dans l'histoire non pour avoir pris le pouvoir, mais pour l'avoir rendu. Il est temps d'aller chercher Cincinnatus à sa charrue.
03 / LES QUESTIONS
La FAQ
Cincinnatus est une initiative portée par le Parti radical de gauche pour favoriser l'émergence d'une candidature de rassemblement à l'élection présidentielle, capable de battre l'extrême droite.
Le camp républicain, de la droite de gouvernement à la gauche de gouvernement, s'apprête à partir dispersé en une demi-douzaine de candidatures dont aucune n'est aujourd'hui en mesure de l'emporter. Cincinnatus part du constat que la préparation de l'élection présidentielle ne peut pas se limiter à une juxtaposition de stratégies individuelles. Elle ouvre un espace de délibération pour construire une proposition commune.
Les responsables de partis, les groupes parlementaires, les associations d’élues et d’élus locaux, ainsi que toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans les valeurs de la République et veulent construire une alternative républicaine autour d'un diagnostic partagé et d'un choix collectif.
Le conclave républicain se tiendra à Bourg-en-Bresse, loin des jeux d'appareils de la capitale et de la pression de l'instant. La date sera annoncée prochainement.
Oui. Le mandat unique est l'une des propositions centrales de l'initiative. Gouverner sans avoir à préparer sa réélection, c'est rendre au pouvoir sa juste nature : une responsabilité exercée au service du pays.
Parce qu'une candidature présidentielle n'est pas un métier et que chaque campagne perdue laisse des comptes à régler. Nous voulons quelqu'un que rien n'oppose d'avance à une partie de ceux qu'il devra rassembler. Cette règle ne dit rien contre les personnes : elle dit que le moment appelle autre chose qu'une revanche. Elle n'écarte en revanche aucune expérience de l'État, et c'est volontaire : le changement sans l'expérience ne serait qu'un pari de plus.
Le pays a besoin de changement, et donc de candidatures nouvelles. Ce n’est pas une préférence esthétique : c’est la condition pour qu’une proposition soit entendue autrement que comme la reprise d’une querelle ancienne.
Il sera temps, après l’élection, de refonder les partis de droite, du centre et de la gauche, et chacun y pourvoira. Ce que nous proposons ici est autre chose, et c’est circonscrit : pour un mandat déterminé, sortir le pays de l’ornière politique, économique et sociale dans laquelle il s’enfonce.
Non. On ne peut pas appeler à un choix collectif tout en se plaçant soi-même dans la compétition. Le Parti radical de gauche ne revendique aucune place : il ouvre la table.
Non. Elle fixe un objectif de rassemblement et propose une méthode de travail : partager un diagnostic, puis désigner une personnalité pour le porter. Sous la Ve République, l’élection présidentielle est la désignation d’une seule personne. Raison de plus pour que celle ou celui qui sera désigné constitue autour de lui une équipe de France, capable de bâtir un projet à la fois ambitieux et réaliste.
Les trois objections sont justes, et nous préférons les poser nous-mêmes.
Il a d’abord peut-être à peine existé. Comme la plupart des hommes et des institutions du premier siècle de la République romaine, Cincinnatus est une figure semi-légendaire : son existence et ses actes nous sont rapportés par des historiens qui écrivaient des siècles après lui, et les Romains en ont fait un modèle de vertu et d’humilité autant qu’un personnage. La réalité historique de son geste n’est pas établie avec certitude.
Il fut ensuite un patricien conservateur. Un aristocrate du Ve siècle avant notre ère, mêlé aux conflits violents de son temps entre patriciens et plébéiens, et nous n’avons évidemment rien à reprendre ni de ses idées ni de ses actes. Nous nous réclamons d’un symbole, pas d’un programme.
Il fut enfin dictateur, mais ce mot ne désignait pas alors ce que le XXe siècle en a fait. C’était une magistrature prévue par la loi, confiée pour une durée strictement limitée en cas de péril, et dont le titulaire rendait compte. Ce que l’histoire a retenu de Cincinnatus n’est d’ailleurs pas qu’il ait reçu ce pouvoir, mais qu’il l’ait rendu seize jours plus tard, de lui-même, alors que rien ne l’y obligeait. C’est ce geste, et lui seul, que nous invoquons.
Car ce qui a traversé vingt-cinq siècles n’est ni un homme ni un précédent : c’est l’image de celui que l’on va chercher derrière sa charrue, qui sert, puis qui s’en retourne. Cette image a nourri la pensée républicaine bien au-delà de Rome. C’est à Cincinnatus que l’Amérique naissante a comparé George Washington lorsqu’il a renoncé au pouvoir, et c’est à lui que la France a dressé une statue, sculptée par Denis Foyatier, qui se trouve aujourd’hui au jardin des Tuileries, à Paris. Les nations ont besoin de telles images pour se dire à elles-mêmes ce qu’elles attendent de celles et ceux qui les gouvernent.
Tout, dans notre proposition, va d’ailleurs à l’inverse de la concentration des pouvoirs : une candidature soumise au suffrage universel, une présidente ou un président élu par les Françaises et les Français, sous le contrôle du Parlement et de la justice, et avec l’engagement de ne pas se représenter. Nous ne convoquons pas un personnage, nous convoquons une vertu : celle de savoir partir.
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Si nous restons divisés, le second tour de 2027 se jouera sans nous. L’Opération Cincinnatus propose une méthode : une candidature unique, un seul mandat, ni ancien président ni ancien candidat. Du changement et de l’expérience. Rejoignez l’appel 👉 https://operationcincinnatus.fr/
En 458 avant notre ère, Rome est allée chercher Cincinnatus derrière sa charrue. Il a sauvé la République, puis il a rendu le pouvoir.
La France affronte trois défis — l’énergie et l’économie, le climat, l’intelligence artificielle — avec une population qui vieillit et des comptes dégradés. Et nous nous apprêtons à aborder 2027 divisés en une demi-douzaine de candidatures.
L’Opération Cincinnatus propose une méthode : que les responsables républicains, de la droite à la gauche, se réunissent avant la fin de l’année pour désigner une candidature unique, engagée à n’exercer qu’un seul mandat, qui ne soit ni ancien président ni ancien candidat à cette élection. Du changement, et de l’expérience.
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Il y a vingt-cinq siècles, Rome est allée chercher Cincinnatus derrière sa charrue. Il a sauvé la République, puis il a rendu le pouvoir.
Aujourd’hui, la France affronte trois défis majeurs avec des comptes dégradés et un monde redevenu dangereux. Et nous abordons 2027 divisés.
L’Opération Cincinnatus propose une méthode : une candidature unique, un seul mandat, ni ancien président ni ancien candidat. Du changement, et de l’expérience.
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